BONN

Romeo et Juliette

Gounod

Michael Rees Davis (Romeo) — Eteri lamoris (Juliette) — Alexander Spemann (Tybalt) — Stephen lusmann (Merculio) — Robert W. Overman (Capulet) — John Paul Bogart (Frere Laurent) Marcello Panni

Giancarlo Del Monaco (ms) — Marika Carniti Bollea (dc)

Oper, 16 janvier

Giancarlo Del Monaco propose une mini saison frangaise, avec deux nouvelles productions donnees en version originals : Romeo et Juliette (janvier) et Samson et Dalila (fevrier). Son Romeo est chaleureux, et le sentiment d’extase doucereuse qui se degage de la musique, a manifestement seduit le public qui decouvrait I’ceuvre, jamais encore donnee a Bonn.

Pour autant, la production baigne dans un academisme de bon aloi, ou regnent les conventions obligees du genre : architec¬tures de la Renaissance, costumes d’epoque, mines et reverences un peu figees du chceur… Rien ne surprend ni n’etonne, mais rien ne (ache non pius. De la belle ouvrage qui «fonctionne», en partie grace aux eclairages sachant susciter ce sentiment d’irrealite, d’eternite qui est bien celui du mythe cree par Shakespeare, quelque peu abalardi par Barbier et Carre. La Juliette d’ Eteri Lamoris est un vrai rayon de soleil, parfaitement a Raise dans ce role qui n’est pas sans peril: les aigus sont rayonnants de justesse et de beaute, le timbre joliment acidule. Elle vocalise avec ai- sance, et triomphe par son interpretation genereuse et sincere.

Bien qu’indispose»MIchaeI Rees Davis campe un Romeo vaillant et assez convaincant, meme si les aigus manquent de rondeur et paraissent un peu forces. Le style vocal de Gounod, de surcroit, ne lui semble guere familier, pas plus que la pra¬tique de la langue frangaise.

Des seconds roles, dans I’ensemble bien tenus, se detachent John Paul Bogart en Frere Laurent, Robert W. Overman en Capulet et Alexander Spemann en Tybalt. Les chceurs sont impressionnants, et I’orchestre sonne bien, sous la baguette efficace de Marcello Panni En conclusion, cette production rend justice a une musique inverflive et genereuse, des le mo¬ment ou on veut bien la prendre au serieux…

Jean-Jaccjaes Victor